Dans le noir complet, c’est d’abord le son, qu’on entend. Puis vient le calligraphe. Pour que le public voie son travail, celui-ci est reporté sur grand écran, en fond de scène. En musique, Julien Breton écrit d’abord au feutre : « Mon art vient de là où les mots ne peuvent plus s’exprimer ». Puis des arabesques à l’encre, parfaitement tracées. Danseur de hip-hop, Razy Essid entre en scène à son tour. Musculature souple et puissante, il réussit d’incroyables figures. Stéphanie Naud, danseuse contemporaine, évolue dans un style différent, plus en retenue puis plus sensuel. Lui, d’origine tunisienne, incarne le monde arabe, elle, blanche et blonde, représentant le monde occidental. Tous deux entament un jeu d’ombre et de lumière, d’approche et de recul, mêlant enfin deux moitiés de corps pour n’en faire qu’un. La précision technique et chorégraphique réussit là une belle performance. Mais le plus incroyable reste encore à venir. La lumineuse idée de la compagnie « Turn off the light » fut d’associer dans son spectacle Empreinte(s) la calligraphie, la musique et la danse. Grâce au procédé de light painting, qui permet d’impressionner en continu pendant plusieurs secondes ou minutes de pause photographique, des calligraphies lumineuses apparaissent à l’écran, seules ou autour des danseurs. Là encore, une maitrise parfaite de la chorégraphie et de la technique, lumière et photo, donne des œuvres aussi splendides qu’éphémères. Tantôt européennes, tantôt arabes, les écritures et les musiques se répondent, aussi poétiques l’une que l’autre. Partie intégrante du spectacle, la musique de Sandy Ralambondrainy, les lumières de Vincent Potreau et la photographie live de David Gallard rendent cette création passionnante et originale. Samedi soir, les spectateurs du Théâtre de Bourg-en-Bresse, éblouis, ont longuement applaudi. 

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                                                                                                        (article non paru dans Le Progrès)