André Chapuis s’est lancé dans la vannerie professionnelle quand il s’est retrouvé en préretraite, travaillant à mi-temps comme éducateur spécialisé.

Il a d’abord commencé par un CAP de droguiste-marchand de couleurs. Sa formation comprenait le dessin d’art, pour être étalagiste dans les drogueries : « J’avais déjà des goûts artistiques ! » Pendant son service militaire, il suit des cours par correspondance, pour obtenir le niveau scolaire du bac : il veut devenir éducateur spécialisé. Volontaire, il part pour l’Algérie, comme moniteur de jeunesse, « pour pas porter de fusil ». Cette expérience des jeunes lui permet, dès son retour, d’être embauché comme stagiaire au Prado de Fontaine sur Saône. Il peut ensuite entrer à l’école d’éducateur, à Dijon. Diplôme en poche, il revient dans l’Ain, à la Sauvegarde de l’enfance. Mais déjà, André Chapuis s’intéresse à la vannerie : il suit sa première formation alors qu’il est « éduc’ spé’ », en 1978. « J’avais besoin de travailler de mes mains, pour garder un bon équilibre. » Il suivra encore une formation de cadre de la fonction publique, pour devenir directeur d’établissements pour l’enfance inadaptée. Directeur de la Société lyonnaise de l’enfance et de l’adolescence, à Villeurbanne, il part habiter à Villette-sur-Ain : « 350 habitants, à l’époque, il n’y avait rien ! » Il participe alors à la fondation du foyer rural de Villette, qui deviendra « Les Rives de l’Ain ».

Et dans ce milieu rural, il apprend la vannerie du terroir auprès des agriculteurs locaux. « Enfants, on tressait des joncs pendant les vacances, chez les grands-parents, à la campagne ! » Afin de maitriser les différentes techniques de vannerie, André Chapuis effectue des stages de 15 jours, chaque fois qu’il peut, dans une école de vannerie. Il propose alors un cours de vannerie au foyer rural et plante 4600 pieds d’osier sur son propre terrain : « J’ai jamais rien fait à moitié ! » Plusieurs élèves en font autant et le cours comprend la plantation, la récolte et l’épluchage des osiers. Une fois retraité, ce passionné se lance dans des recherches sur les techniques rurales françaises et part pour un tour de France, à la découverte des divers matériaux de vannerie, également : noisetier, frêne, cornouiller, écorce de bouleau … Puis il continue à approfondir le sujet, grâce à des stages de perfectionnement dans de nombreux pays : Finlande, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Canada, Espagne … De la vannerie classique, il passe à la vannerie fine puis très fine. « La vannerie fine, je l’ai découverte sur des brocantes : des objets anciens, surtout de Thiérache, fleuron de la vannerie fine française. » Tout cela a amené André Chapuis à se qualifier pour le concours de Meilleur ouvrier de France. S’il n’a pas été reçu, son chef-d’œuvre a néanmoins été très remarqué. Ce sont les œuvres imposées qui lui ont coûté son titre.

Ses activités et projets :  à 75 ans, André Chapuis donne toujours des cours de vannerie au foyer rural des Rives de l’Ain, ainsi que chez lui, à Péronnas, où il a 20 élèves à l’année. Dans son atelier, se déroulera du 3 au 8 mai un stage international de vannerie très fine, pour professionnels et amateurs éclairés, animé par Esmé Offman, professionnelle néerlandaise de renom. Il est inscrit au concours du festival international de vannerie de Pologne, au mois d’août prochain. Il envisage d’exposer, dans un musée de l’Ain, une partie de ses 800 ouvrages restaurés de vannerie très fine de Thiérache (1850-1950) et des 565 livres du monde qu’il collectionne, sur la vannerie.

Pour plus d’infos : chapvanne@wanadoo.fr et sur www.chapvanne-collection.com        

André Chapuis vannier (1)          André Chapuis, vannier professionnel, crée des modèles, répare de l’ancien et enseigne la vannerie.          André Chapuis vannier (3)

                    André Chapuis présente son chef-d’œuvre : un mannequin de couture baptisé « Dame sirène ».                 André Chapuis vannier (5)