Réussir le concours de Meilleur ouvrier de France, c’est une belle performance professionnelle, qui permet aussi de rencontrer le président de la République.

 

Joseph Girod, 30 ans, est formateur au CFA (centre de formation des apprentis) du bâtiment, à Bourg-en-Bresse, depuis 4 ans. Il est titulaire d’un CAP de chauffagiste et d’un Brevet professionnel en génie climatique (plomberie, chauffage, climatisation). « En 2011, j’étais ouvrier en installation et je n’ai pas obtenu la qualification au concours du Meilleur ouvrier de France (MOF) : j’étais tombé sur un sujet de maintenance de chaudière, moi qui étais installateur. » Juste après, il est entré au CFA, où il s’est formé dans ce domaine complémentaire. « C’est ainsi que j’étais mieux armé pour aborder, pour la deuxième fois, le concours du MOF. » En avril 2014, il a pu se qualifier pour présenter le concours. Ensuite, les candidats ont un peu moins d’un an, de juin 2014 à mars 2015, pour mener à bien la réalisation demandée : une « panoplie de chaufferie ». « C’est un ensemble de 2 m de haut, 2,40 m de large et 1,20 m de profondeur, d’environ 300 kilos. Installé derrière une chaudière, il sert à produire de l’eau chaude, à la fois sanitaire, pour les radiateurs et pour un plancher chauffant. » Chacun des concurrents reçoit un plan imposé, dossier d’une trentaine de pages. « J’ai eu la chance d’avoir un patron qui m’a soutenu, au CFA, dans mon projet. J’ai pu réaliser ma pièce au CFA, où j’ai bénéficié du matériel sur place. » Après sa première tentative, il y a 4 ans et bien que non qualifié, Joseph Girod avait quand même réalisé les pièces demandées pour l’épreuve pratique, en plomberie et en chauffage, pour s’entrainer ! « Ce qui m’avait permis de voir que je pouvais le faire. » Cette année, la pièce à réaliser était difficile : « Un vrai challenge ! Que j’ai pris, à nouveau, pour un entrainement : je ne pensais pas du tout gagner le concours ! Je pensais même qu’il y avait un défaut rédhibitoire et je ne voulais pas l’emmener à Paris. Mais j’ai été beaucoup soutenu : épouse, patron, un de mes apprentis … Ce n’est pas seulement une réussite technique ; au niveau humain, c’est aussi un parcours exceptionnel. »

A l’échelon national, ils ont été 225 reçus Meilleur ouvrier de France, tous métiers confondus. Il faut obtenir plus de 17 sur 20 pour réussir le concours, qui équivaut à un diplôme de niveau bac + 2. Les lauréats reçoivent une médaille, qui leur a été remise à la Sorbonne, en avril dernier, par Carole Delga, alors secrétaire d’Etat au commerce et à l’artisanat. Puis ce fut le moment tant attendu : la réception à l’Elysée ! Lundi, les Meilleurs ouvriers de France 2015 ont rencontré le président de la République François Hollande, le ministre du travail François Rebsamen et la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. « La salle de réception, c’est celle qu’on voit à la télé ! Ça me faisait rêver de voir ça de près, ça fait partie de l’aventure. Et puis la sculpture monumentale, à l’entrée, ça plante le décor ! On sait qu’on arrive chez quelqu’un d’important. Quand le président arrive, c’est quelque chose d’exceptionnel. Ce n’est pas programmé dans notre vie, normalement. J’étais comme un gamin qui voit un joueur de foot ! » Sur le plan professionnel, le concours ouvre des perspectives : maintenant, Joseph Girod participera au jury des Meilleurs apprentis de France, jusqu’aux évaluations nationales. « Ça permet de voir qu’il y a des jeunes qui savent travailler. »

                                            Joseph Girod MOF (1)                                 Un selfie mémorable : Joseph Girod, à gauche, avec François Hollande et le seul autre lauréat chauffagiste.